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15 août 2016

Le tableau "Cayenne" et son interdiction d'exposition par la gendarmerie

Bandeaux-canalblog-creationsCayenne

Vive les z'enfants d'Cayenne
A bas ceux d'la sûr'té !
(acrylique sur bois - 70x40cm)
-Avant-

Cayenne, un tableau pas vraiment fini que j'exposais l'été au snack le Radeau à L'Argentière-la Bessée, a vécu une drôle d'histoire abracadabrante : l'atteinte à la liberté d'expression.
Et moi une autre, être confronté à un uniforme qui parle mal à moi et mon témoin, refusant l'illégalité de sa décision, m'outrageant dans ses propos pour me voir finalement être moi-même accusé d'outrage alors que je n'ai fait valoir que mes droits.

Cayenne-Après-

CayenneLib-Maintenant-

 

 Message posté le 9 juin 2016 dans l'après-midi sur un réseau social :


Depuis 4 ans j'expose des oeuvres au Radeau, un snack sympa au bord du plan d'eau de l'Argentière. L'année dernière j'ai créé cette peinture que j'ai exposé cette année à cet endroit, parce que c'était "fun" et en accord avec l'endroit, des bagnards qui s'évadent en radeau. Et rajouter un clin d'oeil du coup cette vieille chanson  qui parle de Cayenne, que j'exprime dans le dessin avec la machine à Deibler et le fameux bourreau Hespel (qui lui exercait en Nouvelle-Calédonie) en inscrivant "Vive les enfants de Cayenne, à bas ceux d'la sur'té".

Ce matin un gendarme venu au Radeau a trouvé que cette peinture représentait un outrage (à agent ? à autorité ?). Il demandé à ce qu'on retire ma peinture sous peine d'amende.
Le snack m'a rendu, dépité, mon "oeuvre", ne voulant avoir des problèmes avec "l'Autorité".
Je me suis rendu, en compagnie d'un témoin, à la gendarmerie demander des explications. On m'a dit que c'était un outrage, que cela amenait les paroles "mort aux vaches, mort aux condés" alors que j'ai évité cette polémique, n'étant pour la mort de personne. Disant que si le Radeau ou un autre lieu de la commune exposait cette peinture, il verbaliserait. Qu'il avait vu avec le parquet.
J'ai tenté de faire valoir mes droits "d'artiste" sans succès, que si je considérai ma peinture comme "oeuvre d'art" sa fille de 7 ans en ferait autant, et aussi m'a demandé "s'il prenait une photo de sa "bite", et qu'il s'excusait de dire "bite", aurait-il le droit de l'afficher sur la vitre de la gendarmerie ?" ce devant mon témoin.
J'ai eu affaire à de la subjectivité de la part d'un gendarme, d'un déni de droit. C'est l'oeuvre non pas de "l'autorité" mais d'un seul gendarme mais vu que c'est un représentant de celle-ci, il devrait se limiter à celle-ci, étant responsable de la brigade de la commune il met en cause non seulement sa brigade mais aussi tout le corps des gendarmes ainsi que la loi, qu'il est censé representer.
Je lui ai fait savoir que je n'en resterais pas là et m'a dit de faire comme je voulais.
Ma peinture ce n'est peut-être pas la joconde mais un moment j'ai cru avoir à faire à Henry de Lesquen.
J'ai un témoin de l'entrevue à la gendarmerie et environ cinq pour la saisie, et environ six clients du Radeau lorsqu'il a été ordonner au gérant d'enlever la peinture.
Le lendemain, je me suis posté devant la mairie de l'Argentière-la-Bessée, avec mon tableau et une affiche disant : "Ce tableau est interdit d'exposition sur la commune de l'Argentière par décision d'un officier de police judiciaire. "C'est un outrage". et en petit "L'ignorance est une menace". Je suis resté plusieurs heures posté devant la mairie jusqu'à l'arrivée des gendarmes. Ceux-ci ont saisi le tableau et l'affiche et m'ont notifié une convocation en audition libre au titre "d'outrage à agent de la force publique". Notification que j'ai refusé de signer car je conteste l'outrage.
J'ai fait connaitre sur le web et dans les médias cette histoire et je prépare des courriers à qui  de droit.
C'est une atteinte à l'art, mais aussi à la liberté d'expression et aux droits qui nous protègent, encore.


 

 Message posté le 9 juin au soir sur un réseau social :

Demain matin aura lieu un outrage à la police, la gendarmerie, l'Autorité, le ministère de l'intérieur, l'état, la sécurité intérieure, le peuple français et la ligue des bonnes moeurs devant la mairie de l'Argentière-la-Béssée avec l'exposition d'une oeuvre controversée et interdite devant le public.
Que fera donc la gendarmerie ? Me verbalisera t'elle ? Confisquera t'elle ce dessin digne de sa fille de 7 ans ? M'enverra t'elle à Cayenne ?

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SaisieLe tableau est saisi sur le parvis de la mairie, le procès-verbal dressé à l'intérieur du batiment.

 

Le résumé journalistique :

La gendarmerie saisit l'œuvre et ouvre une enquête pour " outrage "

Pierre Faye, dit " El Quebeuls ", de son nom d'artiste, est remonté. Ce matin, il est resté, pendant plusieurs heures devant la mairie de L'Argentière-la-Bessée, avec son œuvre, au cœur d'une polémique. " J'expose depuis quatre ans au snack Le Radeau, près du stade d'eau-vive.

http://www.ledauphine.com

 

 

13433232_10201691719852006_8899599387668037584_oLa prise de Cayenne

Une pétition est disponible :

Procureur de Gap: Justice pour El Quebeuls

L'artiste El Quebeuls (Pierre Faye) vient de voir une de ses œuvres saisie par un gendarme de l'Argentière-la-Bessée (Hautes-Alpes) au motif qu'il s'agirait d'un " outrage " 
L'œuvre en question illustre une chanson anarchiste de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle, connue sous le titre Cayenne
Sur un tableau peint sur bois, El Quebeuls a illustré le refrain de la chanson :
"Viv' les enfants d'Cayenne !



Au final, le bulletin de la victoire insuffisamment caractérisée :

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Et voilà, Cayenne n'a passé que 24h au bagne des oeuvres controversées.
Merci pour toute la mobilisation contre cette gigantesque farce.
Il faut donc garder les yeux ouverts, on ne sait plus jusqu'où ils peuvent aller.

Merci à tous pour le soutien, la pétition et les actions, inconnus bienvenus et amis très chers.